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 un commentaire du site Brights ...

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Goran



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MessageSujet: un commentaire du site Brights ...   Mar 1 Mai - 20:34

"ON HUMAN NATURE"
Edward O. Wilson

Publié chez Havard Univertity Press (edition 2004)

Edward O. Wilson a écrit "On Human Nature" en 1978. La génétique était alors en plein essor, mais les neurosciences n'en étaient qu'à leurs balbutiements. Cependant, se positionnant plus au niveau des idées que des connaissances scientifiques concrètes qui ont grandement progressé depuis, cet ouvrage demeure très pertinent.
Il est techniquement beaucoup plus abordable que "Sociobiologie" (publié en 1975), et plus court (200 pages).

Spécialiste du comportement social animal, c'est en éthologue que Wilson aborde la nature humaine, ce qui rend son approche différente de celle de Dawkins qui se place beaucoup plus sur le terrain des gènes ("Le Gène Egoïste", date de 1976). Je trouve les deux approches complémentaires sur bien des points.
Pour reprendre en les complétant les termes du New Yorker, ce livre permet d'"expliquer la pertinence de la biologie et de l'évolution dans la compréhension des comportements humains" et en cela il me paraît important à lire.

Malheureusement, je n'ai pas réussi à trouver une traduction française – j'ignore s'il a été traduit.

Ce livre a reçu le prix Pulitzer en 1978.

J'ajoute ci-après quelques extraits (avec traduction de mon crû).

Citation:
Dans sa nouvelle préface, E.O. Wilson raconte comment il en est venu à écrire ce livre : comment "Les sociétés d'insectes" l'a amené à écrire "Sociobiology" et comment le tumulte religieux et politique qui submergea ce livre le persuada d'écrire un autre ouvrage qui pourrait mieux expliquer la pertinence de la biologie dans la compréhension des comportements humains.

Préface 2004 de Wilson
Citation:
Peut-il y avoir sujet plus important que la nature humaine ? Si ce sujet peut être vraiment pénétré, alors notre espèce sera cernée avec plus de précision, et nous pourrons peut-être mieux diriger nos actions. Quand j'ai écrit "De la Nature Humaine" dans les années 1970, deux conceptions de la condition humaine dominaient la pensée occidentale. Les théologiens, et l'ensemble des disciples les plus libéraux des religions abrahamiques, considéraient les êtres humains comme des anges sombres dans des corps d'animaux attendant la rédemption et la vie éternelle. La nature humaine, telle qu'ils la voyaient, était un mélange de tendances au bien et au mal qu'on devait trier à l'aide des écrits d'anciens prophètes moyen-orientaux.

Par contraste, la plupart des intellectuels, qu'ils fussent croyants ou non, doutaient qu'une nature humaine spécifique existât. Pour eux le cerveau était une ardoise vierge, une machine guidée par quelques passions élémentaires mais à part cela comparable à un ordinateur généraliste qui créait l'esprit de A à Z à partir des apprentissages et de l'expérience de l'individu. La majorité des intellectuels des années 70 croyaient que la culture était la réponse acquise par accumulation à l'environnement et aux contingences biographiques et historiques.

Pendant ce temps, un point de vue alternatif, naturaliste, se renforçait. Encore embryonnaire dans sa forme, il tenait que le cerveau et l'esprit sont entièrement d'origine biologique et fortement structurés à travers l'évolution par la sélection naturelle. La nature humaine existe, composées de penchants passionnels complexes et de capacités à l'apprentissage appelés vaguement instincts. Les instincts ont créés créés au fil de millions d'années, quand les êtres humains étaient les chasseurs-cueilleurs du Paléolithique. En conséquence, ils portent encore l'empreinte archaïque de l'héritage biologique de notre espèce. Donc, en fin de compte, la nature humaine ne peut être comprise qu'avec l'aide de la méthode scientifique. La culture évolue en réponse à des contingences environnementales et historiques, comme le suggère le bon sens, mais ses trajectoires sont puissamment guidées par les pulsions innées de la nature humaine. Ce point de vue a été concentré dans la nouvelle discipline de la sociobiologie, qui, dans son application à l'Homme, fut rebaptisée ultérieurement psychologie évolutionniste (mais demeure néanmoins la sociobiologie).

La sociobiologie humaine pose la question suivante : que pourraient être les instincts humains ? Comment s'organisent-ils pour composer la nature humaine ? Jusqu'aux années 70 ces questions centrales et anciennes avaient rarement été posées comme un problème de biologie. En particulier, elles n'avaient jamais été examinées de façon effective comme étant du domaine de deux disciplines radicalement différentes mais cruciales et potentiellement convergentes au sein même de la biologie. La première de ces disciplines sont les neurosciences, nécessaires pour expliquer ce qu'est l'esprit et comment le cerveau le crée. La seconde est la biologie évolutionniste, indispensable pour expliquer pourquoi le cerveau fonctionne de la manière bizarre dont il le fait, et non pas d'une des nombreuses autres façons possibles. En un mot, l'énigme de la nature humaine, ainsi que quelques personnes et moi l'avions vu déjà alors, ne peut être résolue que si les explications scientifiques embrassent à la fois le comment (neurosciences) et le pourquoi (psychologie évolutionniste) du fonctionnement du cerveau, en ajustant entre eux ces deux axes d'explication.

On pourrait demander encore plus de cette approche naturaliste de la nature humaine. Les gens peuvent être équipés d'instincts, et on peut arriver à comprendre correctement ceux-ci, mais précisément de quelle manière ces instincts du développement mental ont-ils donné forme à la culture ? Le problème va plus loin que la plupart des penseurs l'ont imaginé. Si la culture a évolué pendant des millénaires sous l'influence d'une nature humaine biologique, il est également vrai que la nature humaine a évolué au moins en partie durant les centaines de milliers d'années durant les quelles l'espèce humaine moderne et ses antécédents immédiats dans le genre Homo vivaient en bandes, ont domestiqué le feu, inventé les outils, perfectionné le langage, et en résultat de cette explosion de génie s'est répandue sur tous les continents et archipels de la terre. La co-évolution gènes-culture, le couplage synergétique de ces deux formes d'évolution était inévitable. Pourtant on sait extrêmement peu de choses des processus de la co-évolution genes-culture.

Citation:
Nous pouvons être à peu près certains que l'évolution génétique du comportement social humain s'est passée pendant les cinq millions d'années qui ont précédé la civilisation, quand l'espèce consistait en populations dispersées et relativement stables de chasseurs-cueilleurs. D'autre part, la plus grande partie de l'évolution culturelle s'est déroulée depuis les origines de l'agriculture et l'avènement des villes il y a environ 10.000 ans.

Citation:
Si la biologie est notre destin, comme l'a dit Freud, que devient le libre arbitre ? Il est tentant de penser que tout au fond de notre cerveau vit une âme, un agent libre qui tient compte de l'expérience du corps mais voyage dans le crâne de par sa propre volonté, réfléchissant, planifiant, et poussant les leviers des mécanismes du moteur neurologique. Le grand paradoxe du déterminisme et du libre arbitre, qui a retenu l'attention des plus sages des philosophes et psychologues pendant des générations, peut s'énoncer dans des termes davantage biologiques, comme suit : si nos gènes sont hérités et si notre environnement est une chaîne d'évènements physiques mis en mouvement avant que nous soyons nés, comment peut-il avoir un agent vraiment indépendant à l'intérieur du cerveau ? L'agent lui-même est créé par l'interaction des gènes et de l'environnement. Il semblerait que notre liberté ne soit qu'une auto-illusion."

Citation:
Bien que le comportement humain soit bien plus compliqué et variable que celui des insectes, en théorie il peut être précisé et détaillé. Les contraintes génétiques et le nombre restreint d'environnements dans lesquels les êtres humains peuvent vivre limitent substantiellement l'éventail des résultats possibles. Mais seules des techniques au-delà de ce que nous pouvons actuellement imaginer pourraient laisser espérer qu'on puisse réussir à prévoir ne serait-ce qu'à court terme le comportement détaillé d'un individu humain, et un tel accomplissement pourrait être au-delà de toute intelligence concevable. (…) De même, Il se pourrait que des esprits intelligents ne puissent acquérir une connaissance de soi suffisante pour connaître leur propre futur, capter leur destinée, et en ce sens éliminer tout libre arbitre."

Citation:
La connaissance pure est l'ultime émancipateur. Elle met à égalité les gens et les états souverains, érode les barrières archaïques de la superstition et promet d'élever la trajectoire de l'évolution culturelle. Mais je ne crois pas qu'elle puisse changer les règles fondamentales du comportement humain ou modifier le cours principal de la trajectoire prévisible de l'histoire. La connaissance de soi révèlera les éléments de la nature humaine biologique à partir de laquelle la vie sociale moderne a proliféré dans toutes ses formes étranges. Elle nous aidera à distinguer les lignes d'actions sûres de celles qui sont dangereuses avec une précision accrue. Nous pouvons espérer décider plus judicieusement quels éléments de la nature humain cultiver et lesquels détourner, desquels jouir ouvertement et lesquels manier avec précaution. Cependant nous n'éliminerons pas l'assise biologique sous-jacente avant que, dans de nombreuses années, nos descendants soient capables de modifier nos gènes eux-mêmes.
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Goran



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MessageSujet: Re: un commentaire du site Brights ...   Sam 5 Mai - 6:32

À la toute fin de ce livre, Wilson mentionne quelque chose comme, de par sa structure, notre cerveau fait en sorte que tout ce que l'on touche ne se transforme pas en sable ... mais en religion ... !!! ...
Y inclus la politique, les convictions, la vie au quotidien, voire la fiction scientifique ... sauf que la démarche naturaliste et rationnelle demeure la moins fausse ...
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